Générique
slc revolution 03L'indicatif musical du premier générique de SLC a été « Rat Race », de Count Basie. Daniel Filipacchi était déjà le Co animateur d'une autre émission culte d'Europe n°1, Pour ceux qui aiment le jazz. D'où le choix de ce morceau. « Suivit Brother Daniel », composé par l'organiste américain Lou Bennett en hommage à Daniel Filipacchi. Le titre figure sur le premier album de Lou Bennett, Amen. L'indicatif musical qui a marqué le plus les auditeurs de l'émission a été sans doute « Last Night », instrumental des Mar-Keys. Les Mar-Keys étaient le premier groupe à développer le « Memphis Sound », le son des studios Stax de Memphis (Tennessee). Une version plus « française » du riff des Mar-Keys est devenue l'indicatif de SLC en 1962 : « SLC twist » d'Eddie Vartan. Les breaks du début étaient conçus pour accueillir les voix de Petula Clark, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. Les modes se succédant en France, l'indicatif suivait alors : après « SLC Twist », Les Gamblers (groupe de Claude François) ont créé « SLC Surf »... A suivi une période floue pendant laquelle l'indicatif a été joué par Bill Doggett (Hold It), puis par le David Rockingham Trio (Dawn), Lonnie Mack (Memphis), avant 1966, date de l'arrivée à l'antenne des jingles packages historiques de SLC. À partir de cette période, l'indicatif de SLC reprend le thème version longue.
Bien plus qu'une émission de radio : Au commencement, Salut les copains n’est qu’une expérimentation radiophonique tentée une fois par semaine au cours de l’été 1959 par deux figures d’Europe 1, station qui depuis quelques années bouscule le paysage des ondes en France. Pour résumer, c’est la radio sur laquelle on invente le "matraquage" des chansons, la cohérence absolue de la programmation musicale (avec la première playlist en France), une mise en scène de la publicité, une modernisation de l’information avec beaucoup de reportages et la possibilité de faire entendre la voix des « vrais gens »… Sur cette radio, Daniel Fillipacchi et Frank Ténot animent l’émission Pour ceux qui aiment le jazz. Ils l’aiment, mais pas seulement dans sa version canonique d’avant-guerre. Ils sont passionnés par les innovations d’avant-garde, par le rhythm’n’blues de Ray Charles mais aussi par une bonne partie du rock’n’roll qui, depuis l’envol d’Elvis Presley en 1956, se morcèle en de nombreux sous-genres et esthétiques variés, qui ne sont pas toujours bien acceptés par les auditeurs de « vrai » jazz. Leur idée est de détacher ce répertoire-là de Pour ceux qui aiment le jazz, qui restera une émission variée mais plus adulte. Pourquoi ne pas donner aux plus jeunes une émission sur la musique la plus jeune ? Une marée de courriers enthousiastes les convainc qu’ils ont vu juste, mais surtout donne confiance à la direction d’Europe 1.

50 ans après
slc revolution 04On a du mal aujourd'hui à imaginer à quel point SLC a pu avoir une influence sur la jeunesse de l'époque, provoquant même de vives polémiques entre les « yéyé » et les « croulants ». L'émission voit en effet le jour six mois après l'arrivée de De Gaulle au pouvoir. Elle s'adresse exclusivement aux jeunes, en adoptant le tutoiement et un ton résolument décontracté qui contraste avec le langage ampoulé de l'époque. Pour de nombreux artistes de l'époque, SLC fut un tremplin car les deux autres radios de l'époque, France Inter et RTL, ne diffusaient pas leurs chansons, voire les dénigraient. Chaque semaine, le public élisait le "chouchou de la semaine". Résultat : dans les quinze jours suivants, les ventes de disques explosaient. SLC fut presque considéré comme un contre-pouvoir. Le 23 juin 1963, la radio organise un concert place de la Nation qui rassemble 200 000 jeunes. Des incidents éclatent. Pour certains, c'est clair, la jeunesse est « sous mauvaise influence ». Daniel Filippacchi répondra : « Aucune formation politique n'a jamais réussi à lever une telle armée de moins de 20 ans. Voilà pourquoi nous sommes SLC révolution 04attaqués ». L'émission prendra fin à l'été 1968. A l'occasion de cet anniversaire, plusieurs ouvrages et DVD sont édités, un week-end spécial est organisé sur Europe 1 (du 30 octobre au 1er novembre) avec le photographe Jean-Marie Périer, qui en 1966 réalisa une photo mythique, réunissant toutes les idoles.

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